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Depuis 2006, Jérôme Cassou rejoint le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch. À ce jour, les tournages sont toujours en cours.
Créations filmées
LA LEGENDE LA CHASTETÉ / VIKTOR / BANDONEON / CAFÉ MÜLLER / LE SACRE DU PRINTEMPS / DANZON / WIESENLAND / POUR LES ENFANTS D’HIER, D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN / VOLLMOND / NEFES / ROUGH CUT / TEN CHI / BAMBOO BLUES / CREATION 2008
A l’occasion du Kyoto Price 2008 remis à Pina Bausch, le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch présente un large éventail de son répertoire. (projection publique Kyoto-Japon et San Diego-USA).
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NEFES
Chorégraphie de Pina Bausch
durée : 26 minutes
Production / Tanztheater Wuppertal
Pina Bausch 2005
Diffusion : Vidéodanse Paris
Festival Saïtama (Japon)
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PREMIERS PAS VERS PINA BAUSCH (extrait)
Un jour, en mai 2006 (probablement ?) la chorégraphe allemande Pina Bausch me téléphone. Quelle farce ! De qui pouvait-elle bien venir ? Non, imaginer que Pina Bausch me téléphone était de l’ordre de l’impossible. Une semaine plus tard, j’étais dans un train pour wuppertal, ville industrielle de le Rouhr, fief de la chorégraphe à quelques kilomètres de Solingen, sa ville natale. La rencontre est immédiate. Deux mains allongées (d’un certain âge) se posent sur mes joues. Deux bras fins m’enlacent comme deux lianes. Une main s’appuie sur mon dos en opérant une friction énergique sur les omoplates. Voilà, comment Pina Bausch accueille un inconnu.
1 ER TOURNAGE (extrait)
Premier tournage, premières questions. Comment tourner l’intournable ? Keuschheitslegende (La légende de la chasteté) fait office de bisutage. Je suis seul face au vide de ma perplexité. La scène est immense. La scène est un sol peint comme une mer bleu électrique. Dessus, il y a des canapés, des récamiers, des sofa de couleurs vives. Cachés dans l’obstrurité de la coulisse, des crocodiles attendent d’entrer en scène. Comment filmer un spectacle aux actions tous azimuts. Les scènes s’enchaînent et mes sueurs froides augmentent. Chaque soir, les cassettes s’empillent sur mon bureau. J’éteins la lumière de ma chambre, une boulle dans l’estomac, persuadé que ma place n’est ni dans cette chambre, ni à Wuppertal. Je quitte l'Allemagne persuadé que Pina Bausch se trompe de personne.
LE REFLET DU MIROIR (extrait)
Impossible de continuer l’aventure sans montrer les rushes. Impossible de me donner une chance de poursuivre sans montrer tout, le bon comme le moins bon. Le rendez-vous est pris : 18h00 dans sa loge du Théâtre de la Ville. C’est au tour des rushes de « Rough Cut » de passer à la casserole. Dans la loge blanche, la table, l’écran plasma, le lecteur dvd et Pina silhouette noire, peau blanche et sourire dessiné. Je tend le dvd des rushes. PLAY. Elle regarde l’écran et ne dit rien. J’entend juste un petit mumure, comme un petite hum hum chantonné. Elle suit la musique, elle suit ses danseurs par écran interposé. Aucun commentaire. De toute façon c’est impossible de voir sa bouche puisque je suis assis légèrement en retrait. Je ne vois que son dos. C’est alors que le miracle se produit. Je m’apperçois que l'image de Pina se réfléchit dans un miroir. Il me renvoie son image. Je peux à loisir observer ses réactions. Elle regarde l’écran, je regarde Pina regarder l’écran. Je lis sur son visage tous les commentaires qu’elle ne dira pas. Une tension de la nuque, l’inclinaison de sa tête, un pincement de lèvre, un regard bleu azur illumine la pièce. Tout est dit. Je reviendrais à Wuppertal.
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